La mobilité électrique sans terres rares : une alternative plus écologique et indépendante

innovation moteur sans terres rares

Publié le

Les terres rares, un enjeu pour l’industrie électrique automobile

Au cœur des tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis, les terres rares sont devenues un sujet de préoccupation dans le secteur de la mobilité électrique. En effet, ces éléments chimiques, dont la production est principalement contrôlée par Pékin, sont utilisés dans la fabrication des moteurs à aimants permanents qui équipent la majorité des véhicules électriques actuels.

Le moteur à aimant permanent : un choix répandu mais problématique

Les moteurs à aimant permanent sont constitués d’un stator fixe, composé d’un bobinage, et d’un rotor mobile contenant des aimants permanents. Si cette technologie est largement employée, elle présente néanmoins des défauts majeurs. D’une part, elles reposent sur l’utilisation de terres rares, qui soulèvent des questions environnementales et géopolitiques. D’autre part, leur taille et leur poids limite leur rendement énergétique.

Le moteur à rotor bobiné, une solution prometteuse

Face à ces enjeux, une alternative se profile : le moteur à rotor bobiné, déjà utilisé notamment par le constructeur Renault. Ce type de moteur remplace les aimants permanents du stator par un électroaimant, c’est-à-dire un second bobinage en plus de celui du stator.

Des avantages écologiques et sécuritaires

L’utilisation de moteurs à rotor bobiné présente des atouts majeurs pour l’industrie automobile électrique :

  • Une réduction de l’empreinte environnementale : en évitant le recours aux terres rares, dont l’extraction est souvent associée à des pollutions massives et à la dégradation des écosystèmes, les constructeurs peuvent s’orienter vers une solution plus respectueuse de l’environnement.
  • Une indépendance vis-à-vis des pays producteurs de terres rares : cette technologie permet aux marques de ne plus dépendre des importations et des fluctuations du marché des terres rares.
  • Un gain de poids et de taille : bien que les moteurs à rotor bobiné soient globalement plus gros et plus lourds que les moteurs à aimant permanent, cette caractéristique peut également être compensée par des optimisations techniques.
Autre article à lire
Les voitures vertes : un investissement dans l'avenir

Les défis à relever pour démocratiser le moteur à rotor bobiné

Malgré ses perspectives encourageantes, le développement et la généralisation des moteurs à rotor bobiné reposent sur plusieurs défis :

L’optimisation technique

Pour rendre ce système compétitif face aux moteurs à aimant permanent, il est nécessaire d’améliorer les performances énergétiques des moteurs à rotor bobiné. Cela passe notamment par une réduction de leur poids et de leur encombrement, qui constituent des freins importants pour les véhicules électriques.

Le soutien politique et financier

Pour que cette innovation technologique soit développée à grande échelle, un accompagnement des pouvoirs publics est nécessaire. Il peut s’agir d’aides financières à la recherche ou d’incitations fiscales en faveur des entreprises utilisant cette solution dans la production de véhicules électriques.

Conclusion : vers une mobilité électrique plus responsable

Avec les moteurs à rotor bobiné, l’industrie automobile électrique a l’opportunité de développer une alternative moins dépendante des ressources géopolitiques et plus respectueuse de l’environnement. Si les défis techniques et économiques sont encore nombreux, cette solution est prometteuse pour l’avenir de la mobilité électrique, et représente un pas supplémentaire vers une transition écologique réussie.