Dans la Marne, le projet d’installation de 33 000 panneaux photovoltaïques suscite une vive opposition parmi les maires et habitants des communes concernées.
La contestation des habitants et maires de la Marne
Dans les communes de Rosnay, Treslon et Germigny, de nombreux habitants s’opposent au projet visant à installer 33 000 panneaux photovoltaïques sur 40 hectares de terres agricoles. Cette installation serait réalisée par Akuo Energy, une société spécialisée dans les énergies renouvelables. L’association Terres et Patrimoines de Nos Villages a été créée pour mener cette opposition, soulignant que le projet pourrait altérer de manière significative le paysage naturel et la biodiversité locale.
Ce projet, qui verrait le jour si la préfecture donne son aval, a déjà fait l’objet d’une enquête publique qui a pris fin en mars. Les habitants, comme Mireille Chevalier, se sentent lésés, estimant que leur cadre de vie sera détérioré. Mireille, résidant à Courcelles-Sapicourt, qui se trouve à proximité immédiate des futures installations, exprime son inquiétude face à l’impact visuel des panneaux dont la taille atteindrait 4,50 mètres de haut.

Les enjeux économiques et environnementaux
Le projet de ferme photovoltaïque, tout en promouvant l’énergie renouvelable, repose sur l’agrivoltaïsme, un concept combinant agriculture et production électrique. Cela implique l’arrêt de la culture céréalière sur certains terrains, remplacée par du fourrage et des fruits rouges, ce qui soulève des questions sur le maintien de l’activité agricole principale. Le maire de Treslon, Stéphane Gombaud, a souligné que l’agrivoltaïsme devrait être subordonné aux lois de 2024, lesquelles dictent que seules les terres non cultivées depuis dix ans sont éligibles à ce type de projet.
En réalité, seuls 3% des terres seraient artificialisés selon Akuo Energy, mais cela n’affaiblit pas l’argument selon lequel l’électricité produite ne servirait pas directement à la collectivité locale. Elle serait plutôt injectée dans le réseau Enedis, pour alimenter environ 5 500 foyers. Certains élus interrogent si ce modèle bénéficie réellement aux communautés hôtes et appellent à explorer d’autres solutions d’implantation.
L’agrivoltaïsme, une solution contestée
Le président de l’association, Laurent Rogier, a mis en lumière que la conversion des terres agricoles en exploitations mixtes pourrait engendrer des conséquences sur l’alimentation et la conservation de l’agriculture locale. L’argument avancé par le propriétaire, Pierre Lhotte, qui est également maire de Branscourt, se fonde sur le besoin de diversifier ses revenus dans un contexte économique complexe. La conjoncture qui contraint les agriculteurs à trouver des alternatives est réelle, mais elle ne dissipe pas la crainte d’une perte d’identité agricole pour la région.
Il est crucial que les réflexions autour du développement durable prennent en compte divers facteurs. Par exemple, les réglementations actuelles encadrent ces initiatives, et des publications telles que le guide sur la réglementation des panneaux photovoltaïques explorent ces dimensions législatives. Le préfet de la Marne doit bientôt trancher, prenant en compte les objections des résidents et les impératifs énergétiques.
| Éléments du Projet | Détails |
|---|---|
| Superficie concernée | 40 hectares |
| Nombre de panneaux | 33 000 |
| Entreprise en charge | Akuo Energy |
| Impact estimé | Alimentation de 5 500 ménages |
Les débats soulevés par ce projet reflètent des préoccupations qui vont au-delà du simple choix énergétique, influençant des décisions économiques et environnementales à long terme.
