Porsche Taycan Turbo GT Manthey, immersion exclusive dans l’atelier et sur la piste
Entrer dans l’univers du Porsche Taycan Turbo GT passé entre les mains de Manthey, c’est comprendre qu’une voiture de sport électrique se juge autant au chrono qu’à la cohérence de chaque détail. La base est connue, une berline très rapide, construite pour accepter des charges répétées, avec une gestion thermique et une électronique de puissance pensées pour le circuit. Le kit Manthey arrive comme une couche d’ingénierie supplémentaire, pas comme un simple habillage, et c’est là que l’immersion exclusive prend du sens. Le même modèle, au même volant, peut donner deux lectures différentes selon l’aéro, la géométrie de train, le pneu, la rigidité et la façon dont le freinage supporte l’effort.
Sur piste, l’attention se porte vite sur ce qui se voit, l’aileron, les déflecteurs, les élargisseurs. Dans un atelier, ce sont les points d’ancrage, les reprises d’effort et les tolérances d’assemblage qui retiennent l’œil. Le kit Manthey impose des charges aérodynamiques qui n’ont rien d’anecdotique. Manthey annonce 310 kg d’appui à 200 km/h, là où la Taycan Turbo GT standard reste autour de 95 kg. À vitesse maximale annoncée à 310 km/h, l’appui grimpe à 740 kg. Ces chiffres dictent la suite : renforcer la malle, vérifier les supports, s’assurer que les joints, la fixation des éléments en carbone et les réglages de hauteur de caisse restent stables tour après tour.
Un fil conducteur aide à visualiser ce que cela change, celui d’un propriétaire type, appelons le profil “Journées circuit”. Il roule en sessions de vingt minutes, revient aux stands, repart, et réclame de la constance. Sans kit, la Taycan Turbo GT est déjà rapide, mais le comportement à haute vitesse reste dépendant de la capacité à tenir la trajectoire quand l’air, les bosses et les freinages se cumulent. Avec Manthey, l’aéro vise la stabilité dans les sections rapides et la confiance au freinage, en acceptant une contrepartie classique : davantage de traînée, donc une consommation en hausse et une autonomie qui recule.
Ce kit parle aussi de culture Porsche. Depuis des décennies, la marque travaille la notion de “paquet” cohérent, moteur, frein, pneus, refroidissement, réglages. L’innovation du moment n’est pas d’avoir un gros aileron, c’est d’oser faire porter à une berline électrique des contraintes proches d’une auto de course tout en gardant une finition de série, un comportement prévisible et une chaîne de traction qui ne change pas de nature. La question centrale devient alors simple : comment l’ensemble tient-il quand il est utilisé comme prévu, vite, longtemps, avec méthode ? C’est ce point qui prépare naturellement la lecture de la carrosserie et du design, car l’esthétique n’est plus un but, elle sert la tenue de route.

Kit aérodynamique Manthey, fibre de carbone et design au service de la performance
Le kit Manthey se lit comme une fiche de charge aérodynamique. Chaque pièce a un rôle, et le cumul compte plus que l’effet “photo”. La lame avant, les ouïes, les déflecteurs, les bas de caisse et l’aileron arrière modifient la façon dont l’air s’écoule autour et sous la caisse. Sur une voiture de sport, ces choix se traduisent par une direction plus stable à haute vitesse et par une auto qui “plante” mieux l’avant à l’entrée de courbe. Sur un bolide électrique lourd, la promesse n’est pas de faire disparaître la masse, elle est de la rendre gérable, surtout quand l’adhérence devient la variable limitante.
Une pièce attire l’attention par son pragmatisme, les déflecteurs situés derrière les roues avant, allongés par rapport à la Turbo GT de base. Leur but est de mieux guider les flux sous la caisse. Manthey a choisi ici un matériau souple et a ajouté un témoin d’usure, détail révélateur : la pièce est exposée, elle peut frotter en usage intensif, et l’équipe préfère un élément consommable clairement surveillé plutôt qu’un carbone cassant qui finirait en éclats. Ce type de décision n’a rien de spectaculaire, mais c’est souvent ce qui fait la différence entre un kit “show car” et un package qui survit aux vibreurs.
Le reste des appendices fait la part belle à la fibre de carbone, avec un tissage soigné même sur des formes complexes. Le bas de caisse, moulé d’un seul tenant entre les ailes, fait partie des grosses pièces, au même titre que l’aileron. Sur route, le regard accroche cette surface noire et ses reflets. Sur circuit, c’est la rigidité et la tenue de la forme qui comptent, car une pièce qui travaille trop modifie les flux et dégrade la répétabilité d’un tour à l’autre. L’aileron, lui, assume une rupture visuelle. Il peut “casser” la ligne d’une Taycan, mais son gabarit explique les chiffres d’appui annoncés, et ces chiffres expliquent les renforts installés dans le coffre pour encaisser les efforts.
Un point mérite d’être posé sans détour : l’aéro apporte une stabilité, mais pénalise l’efficience. Sur le cycle mixte, la consommation annoncée passe de 20,6 à 24,8 kWh/100 km et l’autonomie descend de 556 à 460 km par rapport à la Turbo GT Weissach. Le coefficient de traînée se dégrade, autour de 0,36. Ces valeurs ne racontent pas une déception, elles décrivent un choix d’usage. Un propriétaire qui coche Manthey vise des journées piste, un maintien de cap, une capacité à freiner tard, et accepte qu’une partie de l’énergie serve à “pousser de l’air” au lieu d’allonger la distance.
Pour donner un cadre concret, un petit scénario d’essai est parlant. Une session démarre par deux tours de mise en température, puis cinq tours rapides. Sans appui, la voiture peut bouger sur les compressions et demander de petites corrections à haute vitesse. Avec un kit qui triple presque l’appui à 200 km/h, la charge sur les pneus augmente, la direction s’inscrit mieux, et le pilote garde une marge cognitive pour le freinage et les repères. Cette marge se transforme en dixièmes, puis en secondes, et c’est là que le kit prend sa place. La section suivante s’intéresse au châssis, parce qu’un aileron ne sert à rien si la suspension ne maintient pas l’assiette.
Une vidéo aide à visualiser le type de configuration recherchée, entre appui, freinage et stabilité.
Châssis, pneus et freinage, le travail invisible qui change la voiture
Sur une Taycan Turbo GT Manthey, la partie la plus “parlante” au volant vient souvent de ce qui se voit le moins. Les réglages de suspension, la géométrie des trains et le choix des pneus transforment la façon dont l’auto met sa puissance au sol. Manthey ne se contente pas de durcir, l’équipe cherche un compromis entre précision, motricité et stabilité au freinage. Un réglage trop raide peut rendre la voiture nerveuse sur les bosses. Un réglage trop souple peut faire varier l’assiette et mettre l’aéro en défaut. Le kit oblige donc à traiter la voiture comme un ensemble, pas comme un empilement de pièces.
Le Porsche Active Ride Control, monté de série, reçoit des lois spécifiques. Sur route, cela peut se traduire par une caisse qui filtre sans flotter. Sur circuit, l’enjeu est ailleurs : limiter le tangage au freinage, contenir le roulis en appui, et surtout garder le pneu dans sa fenêtre de fonctionnement. Cette idée de “fenêtre” est concrète. Un pneu piste tolère un certain niveau de glisse et une température cible. Trop froid, il ne mord pas. Trop chaud, il s’effondre. La Taycan Manthey vise des pneus Pirelli P Zero Trofeo RS, montés sur des jantes maison en 21 pouces, choix cohérent avec une recherche de grip et de précision.
Les jantes illustrent bien la logique d’une préparation sérieuse. Elles sont creusées et perforées pour réduire la masse tout en préservant la rigidité. Manthey annonce un gain total de 2,4 kg par rapport aux jantes d’une Turbo GT Weissach, soit 600 g par jante. L’écart grimpe à 18 kg face à des jantes Mission E Design de Taycan Turbo. Les boulons en titane apportent encore près d’un kilo de gain. Sur une voiture électrique, ce genre de chasse au gramme peut sembler symbolique au regard d’une batterie de plus de 100 kWh bruts. En réalité, ce poids se situe dans les masses non suspendues, là où chaque kilo se ressent : réponse de suspension, capacité à copier le sol, précision de direction.
Le freinage suit la même logique. Des disques carbone céramique de grand diamètre, 440 mm à l’avant et 410 mm à l’arrière, viennent encaisser les enchaînements. Les étriers restent ceux de série, 10 pistons à l’avant et 4 pistons à l’arrière, preuve que l’architecture de base est déjà dimensionnée. Le gain n’est pas seulement thermique, il est aussi lié à la constance de la pédale et à la capacité à répéter un gros freinage sans dégrader les distances. Pour un conducteur qui enchaîne les tours, c’est l’écart entre “un tour vite” et “cinq tours vite”.
Voici une liste d’éléments concrets qui font basculer le ressenti au volant, au-delà du simple chiffre de puissance :
- Lois spécifiques du Porsche Active Ride Control pour stabiliser l’assiette
- Pneus Trofeo RS pour un grip plus élevé et une direction plus précise
- Réduction de masse non suspendue via jantes allégées et boulons titane
- Freins carbone céramique en 440 mm avant et 410 mm arrière pour la répétabilité
Un point contre-intuitif apparaît dans les chiffres : malgré la recherche de masse, la Taycan Manthey affiche 15 kg de plus que la Weissach. Cette dernière reste la plus “dépouillée”, avec environ 70 kg gagnés face à la Turbo GT plus civilisée. L’explication tient à l’addition des renforcements, des pièces aéro et de certains équipements nécessaires pour tenir les charges. Sur piste, ces 15 kg pèsent moins que ce que rapportent la stabilité et l’appui, parce que le chrono se joue sur la vitesse de passage, la confiance au freinage et la capacité à ressortir propre. La section suivante passe à l’électrique pur, onduleurs, intensité et gestion de la puissance, là où l’innovation se cache derrière des boîtiers.
Onduleurs SiC, intensité et gestion de la puissance sur une voiture de sport électrique
Sur un modèle électrique, “préparer” ne veut pas dire changer des arbres à cames ou ouvrir un échappement. Le terrain de jeu se situe dans l’électronique de puissance, la thermique et la capacité à tenir un niveau de courant sans dérive. Sur la Taycan Turbo GT Manthey, l’axe de modification moteur se concentre sur des onduleurs SiC (carbure de silicium), avec une intensité de décharge qui passe de 1 100 à 1 300 A. Cette hausse n’est pas un chiffre pour fiche technique, elle conditionne la puissance soutenue et la façon dont la voiture répond quand la sortie de virage demande plus qu’un “pic”.
En valeur de pointe, Manthey annonce 600 kW, soit 816 ch, avec 1 270 Nm. En mode Attack, l’overboost sur 10 secondes grimpe à 730 kW, soit 993 ch. Le chiffre qui ne bouge pas est celui qui frappe les conversations, la puissance totale de 760 kW (environ 1 034 ch) disponible pendant deux secondes via le Launch Control. Ce détail est instructif : l’objectif n’est pas de rendre le 0 à 100 plus court, il est de rendre la voiture plus consistante quand l’attaque dure.
Les accélérations restent donc identiques : 0 à 100 km/h en 2,2 s, 0 à 200 km/h en 6,4 s, et un 80 à 120 km/h en 1,1 s. Ces valeurs donnent un repère utile pour situer la Taycan dans le paysage des berlines très puissantes, proches de ce qu’une Lucid Air Sapphire a pu afficher lors de mesures indépendantes. La différence attendue se trouve ailleurs, en reprise sur plusieurs secondes, ou en sortie de courbe, là où la puissance continue devient un outil de trajectoire autant qu’un outil de vitesse.
Un bon exemple de situation “Manthey” est une épingle qui s’ouvre sur une portion rapide. Une Taycan standard peut déjà catapulter, mais l’électronique limite parfois le maintien du niveau de puissance si la température, l’état de charge ou les protections entrent en jeu. Avec une intensité plus élevée et un calibrage ciblé, l’auto peut soutenir l’effort, rendre l’accélération plus homogène et, surtout, moins dépendante d’un instant précis. Sur un tour, cette homogénéité vaut cher. Elle gomme les petits compromis que l’on accepte parfois sur une électrique quand on la brusque.
Le maintien des performances se lit aussi dans la charge rapide, sujet concret pour qui enchaîne des déplacements jusqu’au circuit. La batterie reste à 97 kWh utiles, avec un pic de recharge DC à 320 kW. Un passage de 10 à 80 % mesuré en 17 minutes donne une référence pratique. Le kit aérodynamique pénalise l’autonomie, mais la capacité à retrouver rapidement de l’énergie sur une borne puissante conserve un intérêt pour un usage réel, surtout quand la voiture a perdu la prise AC côté gauche et ne conserve qu’une charge DC, avec un port restant non motorisé.
Ces contraintes d’usage sont cohérentes avec le pack Weissach, qui impose aussi des choix radicaux, comme l’absence de banquette arrière. La Taycan Turbo GT Manthey ne cherche pas à tout faire. Elle vise une mission claire : rouler vite et souvent dans un cadre piste, avec un compromis assumé sur le quotidien. La prochaine section s’appuie sur le chiffre qui résume ce positionnement, un temps de référence sur la Nordschleife, et sur ce qu’il raconte vraiment en termes de performance.
Une autre vidéo permet de relier l’électronique de puissance au comportement en conditions réelles, avec des analyses de tours rapides et de freinages.
Nürburgring, 6:55,533 et ce que dit un chrono sur le Taycan Turbo GT Manthey
Un temps sur la Nordschleife a un avantage, il oblige à parler de constance. Sur ce tracé, la vitesse pure ne suffit pas. Il faut une auto stable dans le rapide, un freinage qui survit aux compressions, une motricité propre sur les sorties piégeuses et une gestion thermique qui n’étouffe pas après quelques kilomètres. Avec le kit Manthey, un Porsche Taycan Turbo GT équipé du pack Weissach a signé 6:55,533 sur la boucle nord, au volant du pilote d’essai Lars Kern. L’écart annoncé est de 12 secondes face au temps réalisé par la Turbo GT sans ce kit, ce qui situe le gain au niveau où une modification technique devient tangible, pas seulement mesurable.
Le chiffre le plus commenté reste souvent la comparaison avec la Xiaomi SU7 Ultra, créditée d’un 7:04,632. L’intérêt n’est pas de transformer cela en match de réseaux, il est de voir ce que Porsche et Manthey cherchent à prouver. Une berline électrique, même très puissante, peut rester dépendante d’un calibrage route. La Nordschleife, elle, met au pied du mur tout ce qui est “trop mou” ou “trop chaud”. En abaissant le chrono sous les sept minutes dans cette catégorie, le duo montre qu’une préparation centrée sur l’aéro, le châssis et la répétabilité peut valoir autant qu’une surenchère de kilowatts.
Pour rendre la lecture plus claire, voici un tableau qui rassemble quelques données techniques et d’usage, sans prétendre remplacer une fiche d’homologation. Il sert à visualiser les compromis du kit, notamment entre appui, consommation et objectifs piste.
| Paramètre | Taycan Turbo GT Weissach | Taycan Turbo GT Weissach avec kit Manthey |
|---|---|---|
| Temps Nordschleife | Référence interne, environ 12 s plus lent | 6:55,533 |
| Appui à 200 km/h | 95 kg | 310 kg |
| Appui à 310 km/h | Non communiqué ici | 740 kg |
| Consommation mixte | 20,6 kWh/100 km | 24,8 kWh/100 km |
| Autonomie | 556 km | 460 km |
| Vitesse maximale | Environ 305 km/h | 310 km/h |
La lecture “chrono” mérite un commentaire méthodologique. Une Nordschleife rapide dépend du pilote, de la température, des pneus, du trafic et de l’état de piste. L’intérêt d’un temps officiel vient moins de la comparaison brute que de la validation d’un ensemble : appui cohérent, freins dimensionnés, pneus adaptés, calibrage de l’électronique, et capacité à rester lisible à très haute vitesse. C’est exactement le terrain où Manthey a sa légitimité, acquise sur des autos thermiques engagées en endurance et en track days, puis transposée ici à l’électrique.
Reste une question très concrète, qui clôt ce volet “performance”. À quoi sert un gain de 12 secondes si l’auto ne peut pas être commandée et utilisée dans un cadre clair ? La réponse tient dans la forme commerciale du projet et dans son prix, qui impose une sélection naturelle des clients. La section suivante se concentre sur ce volet, et sur ce que cela implique au quotidien, entre configuration Weissach, concessions, et usage réel d’un bolide électrique.
Prix, configuration et usage réel, ce que signifie acheter une Taycan Turbo GT Manthey
La Taycan Manthey n’est pas un modèle séparé dans une gamme. Elle s’achète comme un pack optionnel à cocher, et ce pack impose le pack Weissach de la Taycan Turbo GT. Cette logique a un avantage : la base technique est identifiée, et le kit se greffe sur une configuration précise, pensée pour la piste. Elle a aussi une conséquence : l’acheteur ne choisit pas “un peu de Manthey”. Il accepte un ensemble, avec des compromis déjà décidés, comme l’absence de banquette arrière ou la simplification de certains éléments d’usage.
Côté tarif, les chiffres donnent le ton. La Taycan Turbo GT est affichée autour de 248 000 €, et le pack Manthey ajoute 109 816 €. Le total approche 360 000 €. Le prix n’exprime pas seulement la quantité de carbone ou la notoriété. Il reflète un développement, des validations, une production de pièces à faible volume, et une intégration qui doit rester compatible avec les exigences Porsche en matière de sécurité, d’assemblage et de service. À ce niveau, la question n’est plus “est-ce cher ?”, elle est “est-ce que l’usage est cohérent avec la dépense ?”.
Un exemple d’usage typique aide à comprendre. Un client habite à deux heures d’un circuit, roule tôt le matin, arrive avec des pneus piste, fait deux sessions, recharge sur place si l’infrastructure le permet, puis rentre. Dans ce scénario, l’autonomie WLTP importe moins que la constance des freins, la tenue du pneu et la capacité à répéter des tours rapides sans sensation de voiture “qui s’affaisse”. Le kit Manthey prend alors du sens. Il transforme la Taycan Turbo GT en outil de piste, sans passer par la case “préparation artisanale” aux résultats variables.
La contrainte de charge mérite aussi d’être dite clairement. La version Weissach avec kit Manthey supprime le port de recharge AC côté gauche, ne conservant qu’un usage DC. L’autre port n’est plus motorisé. Ce sont des détails qui agacent dans un usage urbain, moins sur un usage circuit où la recharge recherchée est rapide et où l’on planifie ses arrêts. Dans le même esprit, le nom complet, long et technique, reflète une configuration très encadrée. Les clients de ce segment n’achètent pas une “Taycan”, ils achètent une liste de choix assumés.
La cohérence se retrouve dans le rapport à l’entretien. Un kit aéro avec témoin d’usure, des pneus Trofeo RS et des disques carbone céramique impliquent un suivi précis : contrôle des jeux, inspection des fixations, surveillance des consommables. Ce n’est pas un discours de passionné, c’est de l’ingénierie d’exploitation. Une voiture qui encaisse 740 kg d’appui à haute vitesse impose une discipline de contrôle, comme un avion léger impose une check list. C’est ce type de rigueur qui permet de profiter de la performance annoncée sans transformer chaque sortie en pari.
Pour terminer sur un point de design et d’image, le kit Manthey rend la Taycan impossible à confondre. Certains y verront une exagération, d’autres un signal clair, “cette voiture va sur piste”. À ce niveau de prix, l’esthétique devient une déclaration d’intention, pas un exercice de style. La Taycan Turbo GT Manthey s’adresse à un public qui veut une électrique capable de passer du configurateur à la Nordschleife sans changer de philosophie, avec une innovation discrète là où elle compte, électronique de puissance, appui et châssis. La suite logique, si l’on pousse la réflexion, est de se demander comment ce type de kit influence les futures versions, et comment Porsche gère la frontière entre série et développement piste, sujet qui reste ouvert et concret dès que les clients commencent à rouler.
