La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 3 redéfinit les ambitions solaires françaises, offrant une nouvelle perspective aux professionnels malgré un ralentissement des objectifs.
Objectifs photovoltaïques ajustés et impact sur le secteur
Après des années de concertation et de débats, la PPE 3 est enfin dévoilée par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Les objectifs ont été revus à la baisse, notamment pour le photovoltaïque, qui vise désormais 48 GW en 2030 et entre 55 et 80 GW en 2035. Ce ralentissement, marqué par un déploiement de 3,5 GW par an, est significatif comparé aux 6 GW de 2025. Malgré ce changement, les acteurs comme Idex expriment un soulagement, trouvant que la visibilité améliore leur planification.
Le Syndicat des énergies renouvelables souligne que ces objectifs apportent une clarté nécessaire pour les développeurs et le développement des giga-usines comme Carbon et HoloSolis. Ces usines, représentant des investissements majeurs, illustrent les perspectives d’emploi positives pour le secteur. La répartition des capacités entre toitures, centrales au sol et agrivoltaïsme reste à préciser, de même que les critères des appels d’offres.
L’électrification et la focalisation nucléaire
La PPE 3 met l’accent sur l’électrification des usages, avec pour objectif de produire 650 à 693 TWh d’électricité bas carbone en 2035. Cette ambition s’accompagne d’une réduction des énergies fossiles à 330 TWh. Au contraire de l’ancienne PPE qui envisageait des fermetures de réacteurs, la nouvelle strate s’appuie sur le nucléaire avec six nouveaux EPR2 et potentiellement huit autres dès 2026. Cela reflète une évolution de la stratégie énergétique où le nucléaire soutient désormais cette électricité décarbonée.
L’appui sur le nucléaire est une réponse à la consommation d’électricité actuelle, et représente une solution économique et écologique à long terme. L’accent est également mis sur le développement des infrastructures solaires, avec des partenariats pour optimiser le déploiement comme le montre l’initiative de Neoen en France (en savoir plus).
Flexibilités et innovations à venir
Alors que la PPE 3 avance, la question du stockage demeure cruciale. Bien que 13 GW de batteries soient en file d’attente chez RTE, aucun objectif chiffré n’est fixé pour 2030. Cette incertitude laisse place à des spéculations sur l’intégration future du stockage. Une révision en 2027 pourrait inclure des objectifs plus concrets face aux avancées technologiques.
En matière de zones non interconnectées comme la Corse et les territoires ultramarins, les consultations redémarreront en 2026. Ces zones sont essentielles pour un déploiement équilibré des énergies renouvelables. Des projets de solarisation en France augmentent également, avec des initiatives pour dynamiser les infrastructures locales, par exemple en Loiret sur l’agrivoltaïsme (plus de détails).
En conclusion, même si la PPE 3 ajuste ses ambitions, elle offre une feuille de route plus claire et des opportunités pour les professionnels de l’énergie solaire sur le long terme.