La quatrième phase de l’AO 2023 PV ZNI : un bilan limité
La quatrième phase de l’appel d’offres « 2023 PV ZNI » a suscité des attentes élevées dans le contexte du développement durable et de la transition énergétique en ZNI (zones non interconnectées). Alors que cette initiative visait à stimuler la production d’énergie photovoltaïque dans ces régions, elle s’est heurtée à une réalité plus complexe que prévue.
En effet, seulement cinq projets ont été retenus pour une puissance totale de 40,07 MWc, un chiffre nettement en deçà des 99 MWc espérés. Cette sous-souscription soulève des questions quant à l’attractivité de l’appel d’offres et aux obstacles rencontrés par les potentiels investisseurs.

Les réussites et limites des projets retenus
Les cinq projets sélectionnés illustrent la diversité des sites et configurations possibles pour l’énergie solaire en ZNI :
- Centrale Frassone à Aléria, Corse, portée par Akuo – 17,7 MWc
- Projet de toitures Favagiolo en Corse – 8 MWc
- Centrale de Paolacci en Corse, développée par Générale du Solaire – 7,5 MWc
- Centrale de Laussat en Guyane par Voltalia – 5,017 MWc
- Centrale de Bagapan à La Réunion par Albioma Solaire Océan Indien – 1,83 MWc
Cette diversité montre une réussite partielle : bien que les projets soient variés en termes de taille et localisation, leur nombre demeure restreint face aux ambitions initiales. Un examen approfondi des obstacles rencontrés est donc nécessaire pour comprendre cette faible participation.
Les obstacles à la souscription : défi pour les ZNI
Différents facteurs ont entravé la dynamique espérée par l’AO 2023 PV ZNI. Les difficultés d’accès au foncier et les contraintes administratives en matière d’urbanisme ont freiné de nombreux projets potentiels. Ces défis sont particulièrement prononcés dans des zones où l’espace est limité et disputé.
Les contraintes techniques liées au raccordement des installations solaires au réseau existant constituent un autre frein majeur. En Guyane par exemple, le raccordement peut être complexe en raison de la nature isolée des lieux. De plus, certains territoires comme la Martinique n’ont vu aucun projet soumis, suggérant un manque de motivations ou d’incitatifs financiers clairs.
Enfin, l’interaction avec l’arrêté tarifaire S24 Bâtiment ZNI, qui régit les conditions de revente de l’électricité produite, a pu également compliquer la situation, dissuadant certains investisseurs d’explorer cette opportunité. Pour relancer le dynamisme, il est primordial d’analyser en profondeur ces obstacles et d’explorer les solutions possibles.
Réduction des coûts : un point positif mais insuffisant
Un aspect notable de la quatrième phase de cet appel est la baisse significative du prix moyen pondéré, tombé à 92,04 €/MWh contre 112,52 €/MWh des périodes précédentes. Cette amélioration démontre l’efficacité croissante des technologies solaires et des efforts de réduction des coûts.
Cependant, cette tendance positive du coût n’a pas été suffisante pour compenser les autres obstacles structurels observés. Le faible nombre de projets retenus rend difficile l’établissement d’une tendance claire de marché, comme l’a souligné la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
| Phase | Nombre de projets | Puissance totale (MWc) | Prix moyen pondéré (€/MWh) |
|---|---|---|---|
| Quatrième | 5 | 40,07 | 92,04 |
Les efforts doivent être intensifiés pour aborder les questions de fond qui freinent encore le développement optimal de l’énergie solaire en ZNI.
Une analyse stratégique pour l’avenir des ZNI
Pour surmonter ces défis, il est crucial que les autorités et les acteurs du marché engagent une réflexion stratégique sur les freins à la souscription. Parmi les solutions potentiellement efficaces, on pourrait explorer des réformes réglementaires pour simplifier le processus d’approbation des projets, et améliorer les incitations financières pour capter davantage d’investissements.
Le développement de partenariats avec les parties prenantes locales, comme les collectivités territoriales ou les organisations environnementales, peut également jouer un rôle clé en facilitant l’accès au foncier et en promouvant l’acceptabilité sociale des projets solaires. Enfin, renforcer les capacités et les infrastructures de raccordement est une priorité évidente pour éviter les retards ou limitations techniques.
En repensant ces différentes dimensions, les ZNI peuvent devenir de véritables laboratoires vivants pour la transition énergétique, exploitant leur potentiel naturel pour accélérer l’adoption de l’énergie solaire.
Rendre l’énergie solaire compétitive en ZNI
Poursuivre le développement de l’énergie photovoltaïque en ZNI est indispensable pour créer un modèle énergétique plus durable. En termes de coût et d’efficacité, ces régions ont tout à gagner en s’appuyant davantage sur le solaire pour réduire leur dépendance aux énergies coûteuses et polluantes.
En somme, l’engagement doit être renforcé à travers une stratégie d’incitation et d’investissement clair, en adéquation avec les aspirations locales et globales en matière de développement durable. La publication récente de la DGEC désignant 55 lauréats pour d’autres projets d’énergies renouvelables est un pas dans la bonne direction, soulignant la nécessité de tirer parti de ces appels d’offres pour favoriser une transition énergétique efficace.


