Le village de Tramont-Lassus, en Meurthe-et-Moselle, est le théâtre d’un conflit environnemental opposant la protection d’un hibou grand-duc à un projet de parc photovoltaïque.
Les enjeux environnementaux à Tramont-Lassus
À Tramont-Lassus, entre Neufchâteau et Vézelise, un projet d’installation de panneaux photovoltaïques est en suspens en raison de la présence d’un hibou grand-duc sur le site. Ce rapace, espèce protégée, niche dans une ancienne carrière qui devait abriter le parc. Lorraine Association Nature (LOANA) conteste le projet, arguant que sa mise en œuvre pourrait déloger cet habitant ailé. Le hibou grand-duc, ou Bubo bubo, est connu pour préférer les falaises et les carrières à la végétation dense. Son habitat actuel à Tramont-Lassus est idéal, mais le projet pourrait perturber sa tranquillité.
Le maire, Fabrice Dupré, a indiqué que le projet a été modifié pour minimiser les impacts, et il est convaincu que les précautions prises suffisent. Pourtant, LOANA met en avant le risque de perturbations pendant la période de nidification, soulignant l’importance des conditions environnementales stables pour la reproduction. Ce genre d’interaction entre projets énergétiques et protection de la biodiversité est de plus en plus courant.
L’impact du parc photovoltaïque sur l’écosystème local
En installant un parc photovoltaïque dans cette ancienne carrière, plusieurs changements environnementaux pourraient survenir. Édouard Lhomer de LOANA exprime des préoccupations spécifiques : la distance de 10 à 15 mètres entre les panneaux et le nid est trop faible. Cela pourrait limiter le champ de vision du hibou grand-duc, lui donnant une perception réduite de sa sécurité. Certaines espèces, lorsqu’elles sentent leur espace envahi, peuvent abandonner leur nid.
Les partisans du projet avancent que de tels parcs sur des sites dégradés évitent de nouveaux dérangements ailleurs. Le dilemme entre la transition énergétique et la conservation de la biodiversité s’illustre clairement ici. LOANA a fait appel à la décision de justice actuelle, espérant renforcer les mesures de sauvegarde. Une liste de précautions supplémentaires a été proposée :
- Élargir la zone tampon autour du nid.
- Assurer un suivi constant pendant la nidification.
- Limiter les bruits et perturbations lors des travaux.
- Créer des zones de refuge pour les oiseaux perturbés.

Visions divergentes pour un développement durable
Les opinions à Tramont-Lassus restent divisées. D’un côté, il y a ceux qui soutiennent la transition énergétique via des ressources renouvelables. Ce projet représente une opportunité de réduire la dépendance aux énergies fossiles. Par ailleurs, EDF et l’Association Torcol travaillent sur l’intégration des énergies renouvelables dans des sites naturels, soulignant l’équilibre nécessaire entre innovation et conservation.
Le projet a déjà subi des modifications pour minimiser les impacts sur le grand-duc. LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) soutient LOANA dans sa démarche, rappelant que les oiseaux de proie comptent sur les sites rupestres pour se reproduire. Le compromis possible repose sur des solutions comme l’amélioration des habitats existants à proximité et le dialogue continu entre tous les acteurs impliqués. Un tableau illustratif montre les principaux arguments des deux camps :
| Arguments pro-parc | Arguments pro-hibou |
|---|---|
| Réduction des émissions de CO₂ | Préservation d’une espèce protégée |
| Utilisation de sites industriels désaffectés | Protection des habitats naturels |
Le choix entre expansion énergétique et préservation écologique est complexe. Cette situation à Tramont-Lassus permet une réflexion sur la cohabitation entre innovation technologique et biodiversité.
