Un élan mondial pour le nucléaire : 22 pays s’engagent à tripler la capacité à la COP28

Un élan mondial pour le nucléaire : 22 pays s'engagent à tripler la capacité à la COP28

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Les ambitions nucléaires des pays signataires de la COP28 pour un futur durable

La COP28, réunie à Dubaï depuis le 30 novembre 2023, a été le théâtre d’un engagement sans précédent de 22 nations qui ont convenu de tripler la capacité nucléaire globale d’ici 2050. L’objectif affiché de cette initiative est d’atteindre la neutralité carbone tout en garantissant une fourniture d’énergie à la fois fiable et accessible financièrement. Les signataires, dont la Bulgarie, le Canada, la Corée du Sud ou encore la France, ont été rejoints par des pays aussi divers que le Maroc et l’Ukraine. Le président français, Emmanuel Macron, a mis en avant le rôle du nucléaire pour allier enjeux environnementaux et souveraineté énergétique.

Des ambitions nucléaires pour un futur durable

Les États signataires reconnaissent unanimement l’importance cruciale du nucléaire comme levier pour parvenir à la neutralité carbone tout en respectant l’objectif de développement durable de l’ONU visant un accès universel à une énergie abordable. Ils admettent également qu’une réduction des capacités nucléaires compliquerait et renchérirait l’atteinte de cet objectif. Dans cette optique, les engagements pris consistent en une collaboration internationale pour une exploitation nucléaire sûre et pérenne, attentive à la non-prolifération et à une gestion adéquate des déchets radioactifs. Ils prévoient aussi de stimuler les investissements vers des technologies innovantes, comme les petits réacteurs modulaires (SMR) et les réacteurs avancés (AMR), potentiellement utilisables dans la production d’hydrogène ou de carburant synthétique.

Appel à un soutien financier international pour le nucléaire

L’appel lancé aux membres de la Banque mondiale et à d’autres institutions financières consiste à intégrer le nucléaire dans leurs stratégies de prêt, soulignant ainsi la nécessité de capitaux pour concrétiser cet élan pro-nucléaire. Par ce geste, les pays signataires invitent les nations du monde entier à se joindre à leur déclaration. La position commune adoptée lors de cette COP28 n’a toutefois pas été partagée par deux grands acteurs du secteur nucléaire, la Russie et la Chine, qui ne sont pas signataires de l’accord. La Belgique, quant à elle, bien qu’elle n’ait pas signé, a manifesté son intérêt pour l’énergie nucléaire malgré son projet initial de sortir du nucléaire.

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Emmanuel Macron : un plaidoyer pour le nucléaire et contre le charbon

Au cours de la COP28, le président français a été particulièrement actif en endossant l’initiative visant à tripler les capacités nucléaires et en appelant à l’abandon rapide du charbon. Emmanuel Macron a exigé que les pays grands consommateurs de charbon prennent des mesures immédiates et a exhorté les membres du G7 à cesser l’utilisation du charbon d’ici 2030.

Vers un futur sans combustibles fossiles : l’exemple français

La France entend abandonner l’utilisation du charbon avant 2027, se détacher du pétrole d’ici 2040-2045 et se passer de gaz en 2050. Dans cette démarche résolue, Macron encourage les pays du G20 à suivre ce chemin et à diminuer progressivement les financements alloués au secteur charbonnier. La politique énergétique française s’oriente également vers un soutien aux nations émergentes via des partenariats pour une transition énergétique juste (JETP), reconnaissant la nécessité d’une solidarité internationale dans cette mutation.

Nucléaire : une pierre angulaire selon la vision française à la COP28

Selon Emmanuel Macron, aucun plan crédible ne peut se fonder exclusivement sur les énergies renouvelables pour obtenir un avenir sans charbon ni combustibles fossiles. Cette prise de position vient appuyer celle des 22 pays signataires sur le rôle essentiel que jouera le nucléaire dans l’atteinte des objectifs climatiques tout en préservant l’autonomie énergétique des nations.

Réactions et perspectives après les déclarations de Macron

Bien que la vision pro-nucléaire promue par Emmanuel Macron ait été largement soutenue par les pays signataires à Dubaï, elle n’a pas manqué de susciter des critiques. Greenpeace a notamment émis des réserves, pointant du doigt les retards et surcoûts associés au développement du nucléaire ainsi que sa dépendance vis-à-vis de fournisseurs comme la Russie. L’organisation environnementale met aussi en avant les bénéfices des énergies renouvelables qui offrent selon elle une alternative plus viable.