BYD vise les 500 km/h avec la Yangwang U9 Xtreme à Dubaï
La Yangwang U9 Xtreme a déjà atteint 496,22 km/h sur la piste d’essai ATP, en Allemagne. BYD veut maintenant tenter de dépasser les 500 km/h avec sa supercar électrique, et Dubaï est évoquée pour cette nouvelle tentative. Le projet attire l’attention parce que l’écart à combler paraît minime : seulement 3,78 km/h. À cette allure, pourtant, quelques kilomètres par heure de plus exigent une préparation très poussée.
La performance allemande a été réalisée le 14 septembre, avec Marc Basseng au volant. La voiture a ainsi dépassé la vitesse de pointe enregistrée par la Bugatti Chiron Super Sport 300+, qui avait atteint 490,48 km/h lors d’un essai en 2019. Ces chiffres ne suffisent pas à établir un classement incontestable entre toutes les voitures : les lieux, les règles de mesure et le nombre de passages peuvent varier. Ils montrent néanmoins que la voiture de BYD évolue désormais dans une zone de vitesse jusque là dominée par des modèles thermiques.
La dirigeante Stella Li a évoqué le projet lors d’un entretien accordé à Business SNA à Abou Dhabi, le 6 juillet. Selon ses propos rapportés, l’équipe souhaite organiser un nouvel essai à Dubaï en novembre et recherche une ligne droite d’environ 15 kilomètres. BYD doit encore trouver un site et discuter avec les autorités locales, notamment pour les fermetures et les mesures de sécurité. La tentative n’est donc pas un événement confirmé dans tous ses détails.
Pour la marque Yangwang, cette opération donnerait une visibilité internationale à une voiture électrique capable de rivaliser, sur la vitesse de pointe, avec des hypercars très coûteuses. Elle met aussi en scène un enjeu particulier de l’innovation technologique : faire la démonstration d’une performance mesurable, plutôt que de s’en tenir à une fiche technique ou à une puissance annoncée. Le résultat dépendra autant de l’organisation de l’essai que de la voiture elle même.
La curiosité autour du projet est compréhensible, mais le chiffre de 500 km/h reste un objectif annoncé, pas un résultat acquis. La piste allemande a montré le potentiel de la U9 Xtreme ; Dubaï devra encore fournir les conditions et les autorisations nécessaires pour une nouvelle tentative.

Une puissance de 2 220 kW pour viser une vitesse record
La Yangwang U9 Xtreme s’appuie sur quatre moteurs électriques, pour une puissance cumulée annoncée de 2 220 kW, soit environ 3 000 chevaux. Cette configuration lui donne les moyens d’accélérer très fort, mais une puissance élevée ne suffit pas à garantir une vitesse maximale. À mesure que la voiture va plus vite, la résistance de l’air augmente fortement. Une part croissante de l’énergie sert alors à repousser l’air plutôt qu’à accélérer le véhicule.
Le chiffre obtenu en Allemagne correspond à une situation d’essai précise. La voiture y a atteint 496,22 km/h dans une ligne droite aménagée pour les essais à haute vitesse. Pour établir une comparaison sérieuse, il faut regarder les conditions de mesure : un passage dans un seul sens, une moyenne calculée sur plusieurs passages ou encore le type de piste utilisé ne produisent pas des résultats identiques. La Bugatti Chiron Super Sport 300+ a atteint 490,48 km/h lors d’un passage réalisé dans un seul sens. La Koenigsegg Agera RS avait, elle, enregistré une moyenne de 447,19 km/h sur deux passages en sens opposés. Ces performances donnent des repères, sans être directement équivalentes.
À haute vitesse, l’aérodynamique devient aussi déterminante que la puissance. La carrosserie doit limiter la traînée tout en gardant assez d’appui pour stabiliser la voiture. Trop d’appui augmente la résistance de l’air ; trop peu peut rendre la voiture difficile à maîtriser. Les ingénieurs doivent trouver un équilibre adapté au circuit, à la température et au vent. Une rafale latérale, presque anodine à vitesse normale, peut modifier le comportement d’une voiture lancée à près de 500 km/h.
La chaîne électrique apporte ses propres contraintes. Les moteurs, l’électronique de puissance et la batterie doivent fournir une forte quantité d’énergie sans dépasser leurs limites thermiques. Les pneumatiques, eux, subissent des efforts considérables : leur structure doit supporter une rotation très rapide, la chaleur et la pression exercée par le contact avec la piste. Un essai de pointe se prépare donc avec des contrôles précis, des réglages adaptés et un protocole strict.
Dans cette tentative, gagner 3,78 km/h ne revient pas à accélérer simplement un peu plus longtemps. Il faut que chaque élément fonctionne ensemble, du système électrique à la tenue de route. La puissance rend l’objectif plausible ; la maîtrise de l’ensemble décidera du résultat.
| Repère | Valeur | Contexte |
|---|---|---|
| Yangwang U9 Xtreme | 496,22 km/h | Essai sur la piste ATP en Allemagne |
| Objectif annoncé | Plus de 500 km/h | Tentative envisagée à Dubaï |
| Puissance cumulée | 2 220 kW | Quatre moteurs électriques |
| Distance recherchée | Environ 15 kilomètres | Ligne droite évoquée pour l’essai |
Pourquoi une ligne droite de 15 kilomètres est nécessaire
À 496,22 km/h, la voiture parcourt environ 138 mètres en une seconde. Cette vitesse donne une idée concrète de la distance nécessaire : le pilote doit disposer d’une longue portion dégagée pour accélérer, atteindre sa pointe puis ralentir sans mettre en danger l’équipe ni le public. Une route de 15 kilomètres offrirait une marge de manœuvre, mais sa longueur ne garantit pas à elle seule qu’elle convienne.
Le tracé doit être suffisamment rectiligne, régulier et prévisible. Une légère courbe, une bosse ou une variation de revêtement peut devenir un problème quand les pneus roulent à une telle vitesse. Les aspérités sollicitent la suspension et peuvent perturber le contact avec le sol. Il faut également connaître l’état de la chaussée sur toute la distance, pas seulement près de la zone de départ.
La ligne droite doit aussi permettre une décélération contrôlée. Les freins ne sont pas les seuls à entrer en jeu : la récupération d’énergie, les pneus, les dispositifs aérodynamiques et la stratégie du pilote participent au ralentissement. L’équipe doit déterminer à l’avance le point où le pilote commencera à freiner, puis prévoir une zone de dégagement suffisamment longue. À cette échelle, une erreur de jugement de quelques secondes représente plusieurs centaines de mètres.
Une route ouverte à la circulation nécessiterait une fermeture complète pendant l’essai et une coordination avec les autorités locales. Les accès secondaires, les carrefours et les abords devraient être contrôlés. Les équipes de secours auraient besoin d’un plan précis, avec des moyens adaptés à la distance et à la vitesse. Même un site isolé ne peut être traité comme une piste privée sans vérifier ses accès et les risques pour les riverains.
La météo compte autant que le tracé. Le vent peut freiner la voiture ou la déstabiliser ; la température influe sur les pneus et le refroidissement. Un revêtement chaud, une chaussée humide ou une rafale imprévue suffirait à reporter l’essai. À Dubaï, BYD devra donc étudier les conditions locales au moment prévu, et non se fier uniquement aux caractéristiques générales du site.
La distance de 15 kilomètres répond à une contrainte de sécurité autant qu’à un besoin d’accélération. Si le lieu ne laisse pas une marge suffisante pour arrêter la voiture, il ne conviendra pas, même s’il semble assez long sur une carte.
Les images des essais précédents montrent la difficulté de maintenir une trajectoire stable à très haute vitesse. Pour découvrir les autres sujets consacrés aux technologies électriques, un article sur les innovations électriques présentées à Goodwood apporte un autre éclairage sur les évolutions du secteur.
Les défis de sécurité autour d’une tentative à Dubaï
La vitesse de pointe n’est qu’une partie de l’essai. Une opération de ce type repose sur un protocole où chaque étape est prévue : inspection de la voiture, vérification de la piste, communication entre le pilote et l’équipe, puis contrôle des conditions météorologiques. La moindre anomalie peut entraîner l’arrêt de la tentative. Cette prudence peut sembler frustrante pour ceux qui attendent un chiffre spectaculaire, mais elle est normale quand un véhicule atteint près de 140 mètres par seconde.
Le pilote doit connaître le tracé et les repères de freinage avant de s’élancer. À cette vitesse, il ne peut pas improviser une manœuvre à la dernière seconde. Les données collectées par les capteurs servent à suivre la vitesse, les températures, les mouvements de la voiture et le fonctionnement des systèmes. Si un paramètre sort de la plage prévue, l’équipe peut interrompre le programme avant un passage maximal.
Les pneus comptent parmi les pièces les plus surveillées. Ils doivent supporter la force centrifuge, la chaleur et la pression sur la bande de roulement. Leur état est contrôlé avant et après chaque passage, et leur utilisation doit suivre les limites fixées par le fabricant. Un pneu qui fonctionne correctement à vitesse routière n’est pas nécessairement adapté à une tentative de record. Le moindre défaut structurel peut avoir des conséquences graves.
La fermeture d’une route impose aussi de protéger les personnes qui ne participent pas à l’essai. Il faut empêcher les véhicules de s’engager sur le parcours, surveiller les entrées et s’assurer que les équipes sont placées hors de la zone de danger. Le public ne peut pas être admis près de la ligne de roulage. Une organisation soignée réduit les risques, sans jamais les faire disparaître.
Les autorités de Dubaï devront examiner le choix du site, les conditions d’accès et le dispositif de sécurité avant d’accorder leur feu vert. À ce stade, la date de novembre et la recherche d’une route longue ont été évoquées, mais aucun lieu précis ni permis final ne sont confirmés dans les informations disponibles. La distinction est importante : une intention de constructeur ne vaut pas annonce officielle d’un essai autorisé.
Pour BYD, l’enjeu est donc double : atteindre une performance automobile rarement associée à une voiture électrique et démontrer que l’opération peut se dérouler dans un cadre maîtrisé. La sécurité déterminera si le projet peut quitter le stade des annonces.
Ce que le record de BYD change pour la voiture électrique
La course à la vitesse de pointe a longtemps été associée aux moteurs thermiques et aux hypercars de très forte puissance. La Yangwang U9 Xtreme déplace cette référence vers la propulsion électrique. Son résultat de 496,22 km/h montre qu’une voiture électrique peut atteindre des vitesses comparables aux records établis par des modèles à essence, à condition de réunir puissance, aérodynamique, pneus adaptés et conditions de piste favorables.
Cette réussite ne signifie pas que toutes les voitures électriques vont devenir plus rapides, ni que la vitesse maximale est le critère le plus utile pour un véhicule quotidien. Une voiture de tourisme passe la plupart de son temps bien en dessous de la limite autorisée. Pourtant, les essais extrêmes poussent les ingénieurs à mieux comprendre la gestion de la chaleur, le fonctionnement des moteurs et la stabilité des systèmes à forte charge. Ces travaux peuvent nourrir d’autres développements, même si les solutions d’une voiture de record ne se transposent pas telles quelles à une berline.
La mobilité durable se mesure surtout à l’usage, à la fabrication, à la consommation d’énergie et à la durée de vie d’un véhicule. Une hypercar électrique de près de 3 000 chevaux ne représente pas le modèle de déplacement le plus sobre. Son intérêt se situe ailleurs : elle sert de vitrine technique et attire l’attention sur la capacité des marques à concevoir des groupes motopropulseurs électriques puissants. Il faut garder cette distinction à l’esprit pour ne pas confondre un exploit de vitesse avec un bilan environnemental favorable.
Le projet a aussi une dimension industrielle. BYD utilise sa marque haut de gamme Yangwang pour montrer un savoir faire qui dépasse les véhicules de grande série. Si la tentative réussit, le chiffre de 500 km/h sera un argument visible dans la compétition entre constructeurs. En cas d’échec, les données récoltées sur la piste resteront utiles pour comprendre les limites rencontrées. Dans les deux cas, le travail ne se résume pas à une opération de communication.
Pour l’instant, le record obtenu en Allemagne reste le point de référence de la U9 Xtreme. Une nouvelle tentative à Dubaï ne pourra être évaluée qu’une fois le site confirmé, les autorisations obtenues et les conditions de mesure rendues publiques. Le cap des 500 km/h paraît proche sur le papier ; sa validation dépendra d’un essai complet et vérifiable.
Cette ambition rappelle que l’innovation technologique ne se juge pas seulement au chiffre affiché. Pour une voiture électrique lancée à une vitesse record, la qualité des mesures, la sécurité du parcours et la transparence sur les conditions comptent autant que la pointe annoncée.
